Pour ce rendez-vous annuel avec les libellules du printemps organisé par la SNAA et le groupe Sympetrum, nous étions quinze. La météo semblait capricieuse, mais en dehors du vent c’est plutôt un grand soleil qui nous a accompagnés, et coloré certains et certaines !
Rendez-vous devant nos locaux à Bourg pour les particpant(e)s, avec une belle proportion de vingtenaires, ce qui augure favorablement de la pérennité des sciences de la nature à la société.
Après l’organisation du covoiturage, notre caravane fit route vers Viriat et l’étang des Gonnets. Les abords avaient été fraichement tondus, un certain nombre d’exuvies avaient dû disparaitre ces derniers jours. Néanmoins, il ne fallu pas longtemps pour croiser les premières d’Epitheca bimaculata (4) et de Cordulia aenea (35).

- Cordulia aenea
- Un jeune mâle fraîchement émergé de Cordulie bronzée, prêt à s’envoler d’ci à quelques minutes. Son exuvie restera là, combinaison de plongée désormais inutile pour l’avion de chasse en partance.
Notre groupe a ensuite pu observer 5 émergences de cette dernière, et récolter quelques exuvies de Libellula quadrimaculata tandis que voletaient Ischnura elegans, Coenagrion puella, Pyrrhosoma nymphula et Platycnemis pennipes. Pourtant, vers midi, nous devions nous rendre à l’évidence, pas d’émergence d’Epitheca en vue. Sur la petite zone humide sous la ligne électrique, nous croiserons cependant Libellula depressa et Orthetrum cancellatum fraichement émergés.
Il est maintenant temps d’appareiller pour rejoindre le plan d’eau des Teppes à Marboz, qui nous offre chaque année de belles observations d’exuvies et d’émergences d’Epitheca.

- Les Teppes, matériel D. Lescuyer
- Le matériel pour la sortie, couvre-chef, bottes, filet entomologique, boîte de choucroute avec anse pour les exuvies, cage à insectes…
Une fois sur place, la priorité fut donnée aux nourritures terrestres, chacun faisant goûter qui son moelleux au chocolat, son cake aux fruits, son saucisson, son morbier, son chocolat (pas forcément dans le bon ordre !) arrosés par une bière originale et tropicale, un bordeaux et des cafés bienvenus ! Nous libérerons enfin notre petit coin pour laisser de jeunes mariés prendre la pose devant leur photographe face à l’étang !
Le tour du lac fait environ 700 m mais la recherche des exuvies et l’observation des libellules demande une bonne partie de l’après-midi. Parmi les espèces nouvelles pour la journée, Anax imperator, Crocothemis erythraea, Erythromma najas, Sympecma fusca, Sympetrum fonscolombii,Enallagma cyathigerum…
Et bien sûr, une profusion d’exuvies d’Epitheca (82), certaines très récentes, d’autres ayant quelques jours. Le seul émergent encore en vie sera une femelle mal en point avec des ailes atrophiées compromettant l’envol. Deux émergences prédatées, l’une par une araignée, l’autre par des fourmis seront encore observés. C’est néanmoins un individu mature en vol au-dessus de notre groupe qui fera lever nos yeux ébahis, vison trop vite disparue dans l’azur.
Sur le chemin du tour, un pied d’Anacamptis laxiflora (l’Orchis à fleurs lâches) nous fera regarder dans la prairie humide proche les quelques centaines de pieds qui font rougeoyer le vert profond des herbes du printemps.

- Anacamptis laxiflora M. Guillet
- L’Orchis à fleurs lâches, au bord du plan d’eau, à distance de ses camarades prairiaux.
Si certains d’entre nous nous quittent pour rejoindre leurs pénates, nous somme encore 10 à cingler vers le marais de l’étang de Bizadan à Bresse-Vallons. Le niveau de l’eau dans le marais est bas, à la suite d’actions malveillantes d’individus qui « jouent » avec la vanne de l’ébie. Ce comportement, comme celui de ceux qui ont détruit les barrières sur le chemin PMR, est certes irritant, mais il impacte fortement les chances de reproduction de Leucorrhinia pectoralis, espèce phare de cet ENS. Une exuvie d’Orthetrum albistylum nous permet de revoir les critères abordés pour certains et certaines lors des ateliers exuvies. Malgré pas mal de temps passé aux endroits stratégiques, pas une seule Leucorrhine ne montrera le blanc de son nez…
Au loin, cependant, les nuées s’amoncellent au loin et le soleil joue à cache-cache, ce qui ne facilite pas l’observation de notre Corine ! Néanmoins, de nombreux Brachytron pratense nous offriront l’observation d’une dernière espèce pour la journée. La capture de l’un d’entre aux permettra aux nouveaux de bien visualiser les critères d’identification de ce messager du printemps qui parcourt inlassablement les jonchaies et les petits chenaux.
La pluie arrive bientôt, puis nous offre un répit pour engamer deux galettes bressanes bienvenues. Puis, une ondée nous incite à rejoindre les voitures et filer vers Bourg.
Si les habituelles émergences d’Epitheca n’ont pas voulu être de la partie cette année (mais elles ont déjà commencé depis le 17 avril au moins dans l’Ain), la profusion d’exuvies, les déjà nombreuses espèces en vol et l’ambiance conviviale laisseront sans doute de bons souvenirs.
Allez, vous goûterez bien encore à quelques photos…

- Cordulia aenea T. Millot
- Les yeux verts de la Cordulie bronzée, en contraste avec les yeux rouges de la Naïade
18 espèces contactées en tout !
Participant(e)s : Agnès, Alizée, Camille, Caro, David, Domino, Eliott, Françoise, Jean-Luc, Léo, Malo, Maud, Régis, Tom et Yohann.












