Voici la synthèse des espères que nous avons rencontrées lors ce notre sortie « Marzu » du 19 avril avec Fred sur les terres Haut-Savoyardes de notre guide, Nico. Pas une grande diversité mais ce n’est que le début.
Nous avons exploré 2 sites : un sur la commune de Bons-en-Chablais (altitude autour de 400m) et le deuxième sur Lucinges (altitude autour de 800-900 m)
Voici la liste :
- 1-Fomes fomentarius
- 2-Fomitopsis pinicola / Ungulina marginata
- 3-Xeromphalina campanella
- 4-Hygrophorus marzuolus
- 5-Rhizocybe vermicularis
- 6-Strobilurus esculentus
- 7-Mycena plumipes
1- L’amadouvier [Fomes fomentarius] (source : site internet « cultiver les champignons »)
L’amadouvier est un champignon qui existe depuis la préhistoire, on l’a notamment retrouvé sur Ötzi, dit l’homme des glaces, dont il se servait à l’époque pour allumer le feu de son campement. C’est de cette caractéristique que provient son nom scientifique. En effet Fomes, du latin « fomes » signifiant « substance qui allume le feu » et fomentarius dérive également du latin avec une symbolique proche, à savoir « substance appliquée pour réchauffer ou apaiser ». Dans cet article, nous allons voir :
Classification de l’amadouvier
Règne : Fungi Division : Basidiomycota Classe : Agaricomycetes Ordre : Polyporales Famille : Polyporaceae Genre : Fomes Espèce : Fomes fomentarius
L’amadouvier, décrit pour la première fois par Carl Linnæus en 1753sous le nom de Boletus fomentarius, a été reclassé dans de nombreux genres avant d’être stabilisé dans le genre Fomes. Il est connu sous divers noms communs, dont champignon amadouvier et champignon de l’homme des glaces.
Comment reconnaitre l’amadouvier [Fomes fomentarius]
C’est un polypore qui a une apparence très caractéristique et qui est relativement simple à reconnaitre si on l’observe bien. Malgré cela, il peut y avoir certaines variations de sa formes ou couleurs qui peuvent mettre le doute chez certains débutants en mycologie. L’amadouvier pousse généralement sur des arbres feuillus bien qu’on puisse le retrouver sur des conifères.
Le chapeau de l’amadouvier mesure entre 5 et 45 cm de largeur, adoptant typiquement une forme de sabot de cheval. Sa surface est dure, bosselée, et ligneuse, avec des zones concentriques ondulées. La couleur varie du brun clair au grisâtre, avec une marge blanchâtre lors des périodes de croissance. Une cuticule épaisse de 1 à 2 mm protège la chair du champignon.
L’amadouvier n’a pas de pied distinct ; il est fermement fixé au substrat par son carpophore, qui s’étend directement depuis le côté le plus épais du champignon. Cette fixation solide permet au champignon de croître verticalement sur les troncs d’arbres. Le pied est en fait une extension du carpophore. Il n’y a pas de séparation claire entre le pied et le chapeau. La face intérieur
La face inférieure de l’amadouvier est composée de pores ronds et fins, avec une densité de 2 à 3 pores par millimètre. Les pores sont de couleur crème lorsqu’ils sont jeunes, mais deviennent brunâtres en vieillissant. Ils peuvent également prendre une teinte verdâtre en fonction de l’acidité de l’environnement. Les tubes qui supportent ces pores mesurent entre 2 et 7 mm de long.
La chair de l’amadouvier est dure et fibreuse, de couleur cannelle brunâtre. Elle est protégée par une croûte ligneuse et épaisse, qui rend le champignon difficile à couper. L’odeur de la chair peut être légèrement fruitée (banane) chez les spécimens juvéniles, ou humique à fongique à maturité. La chair n’est pas comestible, mais elle est utilisée pour fabriquer de l’amadou, la substance qui permet d’allumer un feu.
Les spores de l’amadouvier sont lisses et ellipsoïdes, mesurant environ 15 à 20 micromètres de long et 5 à 7 micromètres de large. La sporée, ou poudre des spores est de couleur blanche à crème.
Comment faire du feu avec le champignon l’amadouvier ?
Faire du feu avec de l’amadouvier (Fomes fomentarius) est une méthode ancestrale qui requiert quelques étapes spécifiques. Voici comment procéder : La substance centrale de l’amadouvier, une fois traiter permet de réaliser du feu.
1. Préparer l’amadou : Récolte : tout d’abord, il faut récolter l’amadou à partir du champignon amadouvier. Ce champignon pousse sur les troncs d’arbres, souvent des bouleaux ou des hêtres. Extraction : la partie utile pour faire du feu est l’amadou, une substance fibreuse située sous la chaire interne dure du champignon. Utilisez un couteau pour séparer l’amadou (partie intérieure) du reste du champignon. La partie extérieure n’est pas utile.
Préparation : pour que l’amadou prenne mieux feu, il doit être préparé. Traditionnellement, l’amadou est bouilli dans une solution de cendres de bois et d’eau pendant au moins 2 heure, puis séché. Cette préparation augmente la capacité de l’amadou à prendre feu rapidement.
2. Faire le feu : Allumage : Une fois l’amadou prêt, vous pouvez l’utiliser pour allumer un feu. Frappez un silex contre un morceau d’acier pour créer une étincelle. L’étincelle doit tomber sur l’amadou. Sinon vous pouvez simplement utiliser un briquet. Prise de l’amadou : L’amadou va prendre l’étincelle et commencer à brûler lentement, en créant une braise. Transfert à un nid d’allume-feu : Placez cette braise dans un nid de matières facilement inflammables (comme de l’herbe sèche, des brindilles ou des feuilles). Ensuite, soufflez doucement pour enflammer le nid et créer une flamme. Utilisation du feu : Une fois la flamme allumée, vous pouvez ajouter des morceaux de bois plus gros pour faire croître le feu. Et c’est prêt.
2-Polypore marginé Fomitopsis pinicola (Swartz) P. Karst (source : site internet le JardonOscope)
Carte d’identité : Synonyme : Unguline marginée (Ungulina marginata), Amadouvier des pins. Champignon très commun de la famille des Fomitopsidaceae. Chapeau : Semi-circulaire, convexe en forme de sabot de 10 à 30 cm de long et 5 à 20 cm de large, très épais et fortement ancré à son support. La croûte brillante est dure, zonée, plus ou moins bosselée, couleur variable du brun à gris-noirâtre vers l’insertion sur le bois et rouge-orangé à jaune-orangé puis blanchâtre en allant vers la marge. Pores, tubes : Face inférieure couverte de pores fins (3 à 4 par mm) blanchâtres ou jaunâtre-pâle, brunissant avec l’âge, ponctuée de gouttelettes sur les pores et la marge pendant la croissance. Chair : Chair crème à consistance de liège. Sporée : Blanchâtre. Odeur : Nette odeur acidulée rappelant celle des poulaillers. Habitat : Visible toute l’année mais plus particulièrement en hiver sur le bois mort de conifères, parfois de feuillus, sur troncs dressés ou couchés. Comestibilité : Non comestible.
3-Xeromphalina campanella
Xeromphalina campanella (Batsch : Fr.) Kühner & Maire ; Regione Trentino Alto Adige ; Luglio 2009 ; Foto di Pietro Curti.
En touffes ou plus rarementen en petites troupes sur bois de conifères, en montagne, de préférence au printemps après la fonte des neiges ou en été.
4-Hygrophorus marzuolus (Source internet : La chanterelle de Ville-la-Grand / Laurent Francini)
Ce champignon, très connu dans nos régions, est communément appelé « marzu » par les connaisseurs. Recherché dès le mois de janvier, il peut apparaître très tôt lorsque les conditions sont réunies : neige fondante, température relativement douce, forte humidité et absence de bise.
Son aspect, très particulier, le rend impossible à confondre à cette époque, et c’est peut-être ce qui le rend si recherché. Il s’agit en outre d’un comestible très appréciable, dont le goût très fin ne saurait - à mon sens - être masqué par un quelconque accompagnement à base d’oignon ou – pire – d’ail. Il convient de le cuisiner simplement, en le faisant sauter dans une poêle par exemple, et en ajoutant éventuellement un peu de crème à la fin. A noter qu’il ne se sèche pas, tout au plus peut-on le surgeler pour le conserver quelques jours.
HABITAT L’hygrophore de mars pousse dans les hêtraies-pessières, dès l’altitude de 400 mètres environ. On peut le rencontrer jusqu’à 1600 mètres, et il n’est pas rare d’en voir encore de superbes exemplaires au mois de mai à ces hauteurs. Bien caché sous sa litière d’aiguilles ou de branchages, difficile à repérer pour les novices, ce sont parfois les miettes laissées par les espiègles écureuils qui le signalent au chercheur.
ASPECT Souvent massif, avec son pied cylindrique mais souvent tortueux, son chapeau épais, bosselé, presque toujours fendu à la marge, ses lames épaisses, blanches, espacées, le marzu est un superbe champignon. Lorsque vous le trouvez, parfois en groupe tout le long d’une branche morte, il ressemble de prime abord à un caillou noir et lisse. C’est d’ailleurs ce qui le rend très difficile à voir. Mais quand vous le retournez, avec la blancheur de ses lames qui contraste magnifiquement avec son chapeau gris perle à noir, il se présente alors dans toute sa beauté.
Venant assez souvent en touffes serrées, il peut néanmoins pousser quasiment isolé, et il n’est pas rare de n’en rencontrer que deux ou trois exemplaires de ci de là. Il faut alors s’armer de patience pour le découvrir, soulever les tas de branches, observer les tapis de mousse pour voir s’il n’y a pas une protubérance prometteuse qui émerge, ou longer les branches tombées, là ou les aiguilles ou les feuilles ont été amassées par le vent. Parcourir les pentes dans les deux sens sera une excellente idée, car ceux que vous n’aurez pas vus en descendant, vous les verrez alors en montant, laissant apparaître un petit bout de chapeau noir… Lorsqu’il pousse au bord des névés, encore emmitoufflé dans sa neige natale, il se montrera quasiment tout blanc.
Apparemment absent de certains massifs hauts-savoyards, abondant dans d’autres, l’hygrophore de mars reste un champignon relativement capricieux. Si le froid est trop sec, en raison d’une bise persistante par exemple, il ne se montrera pas. Les bonnes années le verront par contre pousser en quantité impressionnante, et les cueillettes prolifiques sont alors monnaie courante…
Le plus souvent, c’est ainsi que vous le trouverez au début de sa poussée, et même parfois encore plus enterré dans le sol. Il faut avoir l’œil, pour repérer les petits monticules révélateurs en plein milieu de la forêt !
5-Rhizocybe (Clitocybe) vermicularis (Source internet : La chanterelle de Ville-la-Grand / Laurent Francini)
6-Strobilurus esculentus (Source internet : La chanterelle de Ville-la-Grand / Laurent Francini)
7-Mycena Plumipes = Mycena strobilicola
(Source internet : La chanterelle de Ville-la-Grand / Laurent Francini)
Article proposé par Pierre Lecomte
